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Certes, en leur temps, à en juger par la presse, ces trois femmes-écrivains de langue espagnole sont écrasées par la notoriété...détestable de George Sand, mais on sait maintenant, enfin, que les Amalia Fenollosa, María Pilar Sinués de Marco, Angela Grassi...La lutte contre le libéralisme le plus radical contribue, de la sorte, au discrédit et à la dénaturation du Romantisme littéraire.Impossible, donc, de voir émerger une image cohérente, unificatrice, « consensuelle », du Romantisme espagnol qui, outre l’indécision de son signe idéologique, est considéré tantôt comme un phénomène momentané et épidermique (une gestuelle, un style de vie..), tantôt comme un phénomène ramifié (s’étendant à la peinture, à la musique...), aux racines historiques profondes et aux effets durables9.Cette question a été posée en 1981, rigoureusement dans les mêmes termes, par un éminent spécialiste universitaire, Jean-Louis Picoche, qui apportait finalement une réponse catégorique et rassurante pour nos voisins : Mais on convient que Jean-Louis Picoche, qui avait consacré toute son abondante recherche à « promouvoir » des drames romantiques composés dans la Péninsule, ne pouvait être enclin à conclure que ces œuvres n’étaient que le pâle reflet d’œuvres géniales écrites ailleurs en Europe.Il demeure que, pour une série de raisons, la qualité, la spécificité, voire l’existence du Romantisme espagnol ont été mises en doute, depuis l’époque de sa naissance (prétendue ou effective) jusqu’à une époque proche de nous.En 1844, dans la revue Joaquín Rubió y Ors constate que, en Espagne, romans et poésies sont directement inspirés de Byron, Goethe, Hugo, Lamartine, Manzoni, etc.5.Dix ans plus tard, en 1854, Jerónimo Borao6, un peu effrayé par le Romantisme hugolien, fournit les évidentes raisons de cette forme de dépendance de l’Espagne relativement à la France : le voisinage immédiat, une habitude ancestrale de soumission et des aspirations à la réforme qui conduisent à beaucoup espérer de l’exemple français dans plusieurs domaines : politique, économie, modes vestimentaires...

Ainsi, il est probable que les répercussions du Romantisme espagnol en Amérique Latine n’ont pas été assez examinées : or, pour s’en tenir à l’exemple d’Espronceda, on a pu soutenir que, dans le Río de la Plata, la popularité de l’auteur de En deuxième lieu, si on n’avait pu compter récemment sur les remarquables études de Susan Kirkpatrick, María del Carmen Simón Palmer..., révélatrices de l’existence en Espagne de femmes-écrivains romantiques12, on aurait continué à penser, à tort, que les femmes-écrivains sont étrangères au Romantisme espagnol, mises à part les poétesses Carolina Coronado et Gertrudis Gómez de Avellaneda, et la romancière Cecilia Böhl de Faber, alias «Fernán Caballero».

auraient dû occuper dans les manuels de littérature espagnole la place qui leur a été systématiquement refusée par préjugé, misogynie, ignorance délibérée ou volonté de réduire les « suffragettes » au silence.

En troisième lieu, si l’Espagne n’exporte pas en Europe son Romantisme — mais on pourra rétorquer qu’elle l’eût exporté s’il avait atteint une qualité hors du commun — c’est qu’elle exporte abondamment, pour fournir des sujets ou alimenter la « mode espagnole », d’une part sa littérature classique (ses le toréador...) qui vont alimenter l’« espagnolade ».

Souvent sans l’avoir voulu, les universitaires, tant espagnols que français, ont contribué à « déshispaniser » le Romantisme péninsulaire.

Une critique grossièrement qualifiable de « positiviste » a eu tendance, en effet, à porter ses efforts systématiques et parfois exclusifs sur le repérage des influences étrangères, moyennant quoi le Romantisme espagnol, vu sous cet angle, avait de fortes chances d’être dévalorisé.

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